PONT DE BRIQUES
logo-mairieIl y a deux mille ans, à l’époque où César tentait de mettre nos ancêtres les Morins sous le joug de Rome, la Liane, qui déroule aujourd’hui ses méandres nonchalants dans une vallée trop grande, était encore un fleuve aux eaux abondantes.
A chaque marée son estuaire devenait un véritable lac qui s’étendait jusqu’à Isques, village qui tire d’ailleurs son nom d’un mot celte qui veut dire eau. A marée basse le lac faisait place à une lagune impraticable.



Pour relier les deux rives et mettre en relation la péninsule d’Outreau et tout le pays au sud de la Liane avec Boulogne qui s’appelait alors Gesoriacum, et aussi en même temps briser la violence du flux, on construisit un pont en aval d’Isques à l’endroit où la vallée se rétrécit. C’est cet ouvrage d’art qui est à l’origine de l’agglomération pont-de-briquoise et qui lui a donné son nom.
A quelle date exacte et par qui ce pont fut-il jeté sur la Liane ?
Une phrase de l’historien latin Florus nous laisse supposer qu’il fut construit entre l’an 12 et l’an 9, d’avant notre ère, par Claudius Drusus, le frère de l’empereur Tibère. Employa-t-on pour l’édifier de ces briques dans la confection desquelles les Romains étaient passés maîtres ? Les savants prétendent que dans le vocable Pont-de-Briquois le mot briques n’a rien à voir avec les matériaux du même nom. Il s’agit, disent-ils, d’un vieux terme germanique Bricke qui désigne un pont.

 

Ce qui reviendrait à traduire Pont de Briques par le Pont du Pont.
Ce toponyme apparaît bien en effet, pour la première fois, sous la forme de Pont de Brike dans une charte de 1278 qui précise les limites de la banlieue de Boulogne. Sur le célèbre Pont d’Avignon, on ne faisait que danser, le Pont-de-Briques, lui, laissait passage à une route extrêmement fréquentée qui reliait Amiens à Boulogne.
Cette voie entrait en Boulonnais en franchissant la Canche au bac d’Attin, puis gagnait le Pont-de-Briques par Frenc, le hameau du Chemin à Neufchâtel, la forêt d’Hardelot, le Choquel, le hameau disparu de Sandune, Audisque et la rue au Sable.
Dix-sept siècles d’histoire ont défilé sur cette route dans la boue, dans la poussière ou dans le sable aux bruits sourds des chevaux, de la piétaille, des lourds chariots et des carrosses.